Guide risque professionnel · Document Unique

Risque bruit au travail : seuils, obligations et DUERP

Seuils d'action réglementaires, mesures d'exposition, protections auditives et cotation du bruit dans le DUERP.

Ce risque doit être identifié et évalué dans votre Document Unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP), obligatoire pour toute entreprise dès le premier salarié.

Comment ce risque apparait en entreprise

La surdité professionnelle est l'une des maladies professionnelles les plus indemnisées, et l'une des seules totalement irréversibles : les cellules de l'oreille interne détruites ne se régénèrent pas. Un salarié exposé pendant des années ne s'en aperçoit qu'au moment où la perte est déjà installée.

Le risque bruit a l'avantage d'être le plus objectivable de tous : la réglementation fixe des seuils chiffrés en décibels, et une mesure d'exposition permet de savoir précisément où l'on se situe. Le DUERP ne devrait donc jamais se contenter d'un « bruit important » : il doit s'appuyer sur des niveaux.

Au-delà de la surdité, le bruit produit des effets souvent oubliés : fatigue, stress, difficulté de communication qui masque un signal d'alarme ou l'approche d'un engin. Un environnement bruyant aggrave donc d'autres risques.

Ce que disent les chiffres

La surdité professionnelle est indemnisable au titre du tableau n° 42 des maladies professionnelles. Sa particularité est d'être irréversible : les cellules ciliées de l'oreille interne détruites ne se régénèrent pas, ce qui rend l'atteinte définitive et cumulative. Le bâtiment, la métallurgie, le travail du bois et l'agroalimentaire concentrent les expositions les plus fortes ; le BTP affiche d'ailleurs un indice de fréquence de 41,2 accidents pour 1 000 salariés, contre 26,4 en moyenne nationale.

Situations fréquentes à recenser

Ce que dit la réglementation

Comment le coter dans le DUERP

Ici la cotation peut s'appuyer sur des chiffres, ce qui est rare : servez-vous des seuils réglementaires comme d'une échelle. En dessous de 80 dB(A), le risque reste faible. Entre 80 et 85 dB(A), cotez une gravité 2 à 3, avec obligation d'information et de mise à disposition de protections. Au-delà de 85 dB(A), une gravité 3 à 4 et une probabilité forte s'imposent, puisque l'atteinte est cumulative et irréversible. La probabilité doit refléter la durée quotidienne d'exposition, pas la fréquence d'un incident : un poste à 88 dB(A) huit heures par jour est en probabilité 4. Un bruit impulsionnel élevé se cote sur une ligne distincte, même s'il est rare.

Rappel : gravité (1 à 4) × probabilité (1 à 4) = score de 1 à 16. Au-delà de 9, l'action est attendue sous 90 jours.

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Les erreurs les plus fréquentes

FAQ

À partir de quel niveau faut-il agir ?

Deux seuils structurent la réglementation. À 80 dB(A) sur 8 heures : information des salariés, mise à disposition de protections auditives et suivi audiométrique proposé. À 85 dB(A) : port obligatoire des protections, programme de réduction du bruit et signalisation des zones. La valeur limite absolue, protection comprise, est de 87 dB(A).

Faut-il faire réaliser une mesure de bruit ?

Le Code du travail impose d'évaluer et, si nécessaire, de mesurer l'exposition. Dès que vous êtes vraisemblablement au-dessus de 80 dB(A) — s'il faut élever la voix pour se faire entendre à un mètre —, une mesure est le seul moyen de coter correctement et de savoir quelles obligations s'appliquent.

Les bouchons d'oreille suffisent-ils ?

Ils sont un dernier recours. La réglementation impose d'abord de réduire le bruit à la source et d'agir sur l'organisation. Les protections doivent en outre être adaptées au niveau réel : trop atténuantes, elles isolent le salarié des signaux d'alerte et finissent par ne plus être portées.

Le bruit peut-il causer autre chose que la surdité ?

Oui. Fatigue, irritabilité, troubles du sommeil et stress sont documentés bien en dessous des seuils de surdité. Surtout, le bruit empêche d'entendre une alarme ou un engin qui approche : il aggrave d'autres risques, ce qui justifie de le coter même dans un environnement modérément bruyant.

Un salarié peut-il refuser de porter ses protections ?

Au-delà de 85 dB(A) le port est obligatoire, et le salarié qui s'y soustrait manque à son obligation de sécurité. Mais un refus généralisé signale presque toujours un équipement inadapté ou inconfortable : proposer plusieurs modèles est plus efficace que la sanction.

Le bureau est-il concerné ?

Rarement pour la surdité, mais l'open space relève de la gêne sonore et de la fatigue cognitive, qui font partie des conditions de travail. Le DUERP peut le traiter à ce titre plutôt que sous l'angle des seuils réglementaires.

Les métiers les plus concernés

Ces activités déclarent ce risque parmi leurs risques principaux. Chaque fiche détaille les situations propres au métier.

Autres risques à évaluer

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