Dois-je distinguer chute de hauteur et de plain-pied ?
Oui, ce sont deux risques distincts dans le DUERP. Les causes, les cotations et les mesures de prévention n'ont rien en commun : les regrouper rend le plan d'action inexploitable.
Guide risque professionnel · Document Unique
Chutes de plain-pied et de hauteur : situations à recenser, cotation dans le DUERP et mesures de prévention attendues.
Ce risque doit être identifié et évalué dans votre Document Unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP), obligatoire pour toute entreprise dès le premier salarié.
Les chutes sont la deuxième famille de causes d'accidents du travail en France, juste derrière la manutention manuelle. Elles se répartissent en deux catégories que le DUERP doit distinguer, parce que ni les causes ni les mesures de prévention ne sont les mêmes : la chute de plain-pied, qui survient au niveau du sol, et la chute de hauteur, qui implique une dénivellation.
La chute de plain-pied est la plus banalisée et la plus sous-évaluée. Un sol mouillé, un câble qui traverse une zone de passage, un carton posé au sol pendant une livraison : les circonstances paraissent anodines, mais les conséquences vont de l'entorse à la fracture, avec des arrêts parfois longs.
La chute de hauteur, elle, concentre les accidents graves et mortels. Elle n'est pas réservée aux chantiers : un escabeau pour changer une ampoule, une mezzanine de stockage, un quai de déchargement ou l'accès à un toit suffisent à créer le risque.
Sur les 548 523 accidents du travail indemnisés en 2024 au régime général, les chutes de plain-pied représentent 15,1 % des causes identifiées et les chutes de hauteur 11,7 % — plus d'un quart à elles deux, derrière la manutention manuelle (50,3 %). Certains secteurs sont très au-dessus de cette moyenne : le nettoyage (24 % de chutes de plain-pied et 23 % de chutes de hauteur), les associations (26 %) et l'éducation (24 %). Source : Assurance Maladie – Risques professionnels, données 2024.
Article R. 4323-58 du Code du travail
Les travaux temporaires en hauteur doivent être réalisés depuis un plan de travail conçu pour garantir la sécurité ; le recours aux équipements de protection individuelle n'intervient que lorsque la protection collective est techniquement impossible.
Article R. 4224-3 du Code du travail
Les lieux de travail intérieurs et extérieurs sont aménagés de telle façon que la circulation des piétons et des véhicules puisse se faire de manière sûre.
Article R. 4224-17 du Code du travail
Les installations et dispositifs techniques des lieux de travail sont entretenus et vérifiés périodiquement, ce qui inclut l'état des sols, des escaliers et des garde-corps.
La gravité se cote sur la hauteur de chute et la nature du sol : une chute de plain-pied se situe généralement en gravité 2, une chute de plus de trois mètres ou sur un sol dur en gravité 3 à 4. La probabilité dépend de la fréquence d'exposition : un accès en toiture une fois par an reste en probabilité 1 à 2, alors qu'un sol régulièrement mouillé dans une zone traversée toute la journée monte à 3 ou 4. Attention au piège classique : un risque rare mais grave (toiture) et un risque fréquent mais modéré (sol glissant) peuvent aboutir au même score, alors qu'ils appellent des mesures totalement différentes. Les deux doivent figurer au plan d'action.
Rappel : gravité (1 à 4) × probabilité (1 à 4) = score de 1 à 16. Au-delà de 9, l'action est attendue sous 90 jours.
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Oui, ce sont deux risques distincts dans le DUERP. Les causes, les cotations et les mesures de prévention n'ont rien en commun : les regrouper rend le plan d'action inexploitable.
Le Code du travail ne fixe aucun seuil : dès qu'il existe une dénivellation, le risque de chute de hauteur doit être évalué. Un escabeau de deux marches ou un bord de quai relèvent déjà de cette catégorie.
Elle n'a pas à être déclarée comme accident du travail, mais la consigner en interne est fortement recommandé : les quasi-accidents révèlent les zones dangereuses avant l'accident grave, et cette traçabilité montre que votre démarche de prévention est vivante.
Oui. L'article R. 4121-2 impose une mise à jour lors de toute décision d'aménagement important, et un réaménagement de locaux modifie presque toujours les circulations, donc l'exposition au risque de chute.
Non, sauf si la protection collective est techniquement impossible. La réglementation impose d'abord un plan de travail sécurisé (garde-corps, échafaudage) ; l'équipement individuel est un dernier recours, qui suppose en plus des points d'ancrage vérifiés et une formation au port du harnais.
Elles ne le sont pas par principe, mais dès lors que votre évaluation identifie un risque de glissade, l'employeur doit fournir gratuitement les EPI adaptés et en imposer le port. En cuisine ou en zone humide, elles sont en pratique incontournables.
Ces activités déclarent ce risque parmi leurs risques principaux. Chaque fiche détaille les situations propres au métier.