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Chaleur et froid au travail : intégrer le risque thermique au DUERP

Fortes chaleurs, travail au froid, brûlures : obligations renforcées depuis 2025 et cotation du risque thermique dans le DUERP.

Ce risque doit être identifié et évalué dans votre Document Unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP), obligatoire pour toute entreprise dès le premier salarié.

Comment ce risque apparait en entreprise

Le risque thermique regroupe trois situations que le DUERP doit traiter séparément : l'exposition à la chaleur, l'exposition au froid, et le contact avec des surfaces ou des fluides brûlants. Elles n'ont ni les mêmes effets ni les mêmes mesures de prévention, mais elles ont en commun d'être largement sous-évaluées.

La chaleur a pris une importance nouvelle. Le décret du 27 mai 2025, applicable depuis le 1er juillet 2025, a renforcé les obligations de l'employeur en matière d'exposition à la chaleur : l'évaluation doit tenir compte des épisodes de chaleur intense, et des mesures concrètes doivent être prévues à l'avance plutôt qu'improvisées le jour de l'alerte.

Le froid est le volet le plus oublié. Il ne concerne pas seulement les chambres froides et l'agroalimentaire : le travail en extérieur en hiver, sur un chantier ou en tournée de livraison, réduit la dextérité, allonge les temps de réaction et aggrave les TMS.

Ce que disent les chiffres

La réglementation s'est durcie sur ce risque : depuis le 1er juillet 2025, le décret du 27 mai 2025 impose d'intégrer les épisodes de chaleur intense à l'évaluation des risques et d'avoir prévu les mesures à l'avance. Côté accidentologie, la boulangerie et la restauration affichent des indices de fréquence de 26,8 et 27,2 accidents pour 1 000 salariés, contre 26,4 en moyenne nationale — le contact avec des surfaces et fluides brûlants y est quotidien. Source : Assurance Maladie – Risques professionnels, données 2024.

Situations fréquentes à recenser

Ce que dit la réglementation

Comment le coter dans le DUERP

Traitez chaleur, froid et brûlure sur des lignes distinctes : leurs mesures n'ont rien en commun. Pour la chaleur, cotez la gravité sur les conséquences possibles — de la baisse de vigilance au coup de chaleur, urgence vitale, ce qui justifie une gravité 3 à 4 pour un travail physique en extérieur l'été — et la probabilité sur le nombre de jours d'exposition attendus dans l'année. Pour les brûlures, la gravité dépend de la surface et de la température en jeu : une friteuse ou un four justifie une gravité 3, avec une probabilité souvent élevée puisque le geste est quotidien. Pour le froid, cotez aussi son effet indirect : perte de dextérité et de vigilance qui aggravent le risque machine et le risque de chute.

Rappel : gravité (1 à 4) × probabilité (1 à 4) = score de 1 à 16. Au-delà de 9, l'action est attendue sous 90 jours.

Mesures de prévention conseillées

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Les erreurs les plus fréquentes

FAQ

Existe-t-il une température maximale de travail ?

Le Code du travail ne fixe pas de température au-delà de laquelle le travail devrait cesser. En revanche, le décret du 27 mai 2025 impose depuis juillet 2025 d'intégrer les épisodes de chaleur intense à l'évaluation des risques et de prévoir des mesures concrètes. Au-delà de 28 à 30 °C pour un travail physique, l'INRS considère qu'il existe un risque à traiter.

Qu'est-ce que le décret chaleur de 2025 a changé ?

Il renforce les obligations sur l'exposition à la chaleur : le risque doit être évalué en tenant compte des épisodes de chaleur intense, et les mesures — organisation, pauses, eau, aménagement des horaires, information — doivent être prévues à l'avance dans le DUERP plutôt que décidées le jour de l'alerte.

La canicule impose-t-elle une mise à jour du DUERP ?

Oui. Un épisode de chaleur intense constitue une information nouvelle sur un risque, ce qui déclenche l'obligation de mise à jour de l'article R. 4121-2. Depuis 2025, l'évaluation doit de toute façon anticiper ces épisodes plutôt que d'y réagir.

Combien d'eau faut-il mettre à disposition ?

Le Code du travail impose de l'eau potable et fraîche pour la boisson dans tous les cas. Sur les chantiers du BTP, le seuil est chiffré : au moins trois litres par jour et par travailleur.

Le froid est-il aussi prioritaire que la chaleur ?

Il est moins médiatisé mais bien réel. Le froid réduit la dextérité et la vigilance, aggrave les TMS et augmente le risque d'accident sur machine ou de chute. Les locaux fermés affectés au travail doivent d'ailleurs être chauffés à une température convenable pendant la saison froide.

Comment reconnaître un coup de chaleur ?

Maux de tête, nausées, confusion, arrêt de la sudation avec peau chaude et sèche, température corporelle très élevée. C'est une urgence vitale : alerter les secours, mettre la personne à l'ombre, la rafraîchir immédiatement. Cette conduite à tenir doit être connue avant l'été, pas découverte le jour de l'incident.

Les métiers les plus concernés

Ces activités déclarent ce risque parmi leurs risques principaux. Chaque fiche détaille les situations propres au métier.

Autres risques à évaluer

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