Le risque routier est la première cause d'accidents mortels du travail en France. C'est aussi celui que les DUERP oublient le plus systématiquement, parce que l'accident se produit hors des murs de l'entreprise et donne l'impression d'échapper à sa responsabilité, ce qui est inexact.
Deux situations doivent être distinguées. Le risque « mission » couvre les déplacements effectués dans le cadre du travail : ils relèvent pleinement de l'évaluation des risques et engagent l'employeur, qui organise la tournée, choisit le véhicule et fixe les délais. Le risque « trajet », entre domicile et travail, échappe largement à son organisation mais peut être réduit par des mesures d'aménagement.
L'angle décisif de l'évaluation n'est pas la conduite en elle-même, mais l'organisation qui l'entoure : nombre de rendez-vous dans la journée, kilométrage, usage du téléphone, pression sur les délais, entretien des véhicules. C'est là que l'employeur a des leviers, et c'est là que le DUERP est attendu.