Guide risque professionnel · Document Unique

Risque biologique au travail : évaluation et DUERP

Agents biologiques, accidents d'exposition au sang, zoonoses et légionelles : ce que le DUERP doit établir et comment coter.

Ce risque doit être identifié et évalué dans votre Document Unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP), obligatoire pour toute entreprise dès le premier salarié.

Comment ce risque apparait en entreprise

Le risque biologique correspond à l'exposition à des micro-organismes — bactéries, virus, champignons, parasites — susceptibles de provoquer une infection, une allergie ou une intoxication. Il concerne évidemment les soins, mais aussi des métiers qu'on n'y associe pas spontanément : nettoyage, assainissement, petite enfance, agriculture, activités vétérinaires, traitement des déchets, restauration.

Deux formes d'exposition doivent être distinguées. L'exposition délibérée, quand l'agent biologique est utilisé sciemment, reste rare et concerne surtout les laboratoires. L'exposition potentielle, de loin la plus fréquente, résulte de l'activité elle-même : contact avec des personnes, des animaux, des déchets, des eaux usées ou des surfaces contaminées.

La particularité de ce risque est qu'un incident bref peut avoir des conséquences lourdes et différées : une piqûre d'aiguille souillée dure une seconde et met des mois à être levée. C'est ce qui justifie que le DUERP traite non seulement la prévention, mais aussi la conduite à tenir après exposition.

Ce que disent les chiffres

Dans la santé et l'action sociale, l'indice de fréquence atteint 39,3 accidents pour 1 000 salariés contre 26,4 en moyenne nationale, et les agressions y figurent parmi les trois premières causes — un profil de risque très différent des autres secteurs. Le risque biologique s'y ajoute sans apparaître dans ces statistiques, puisque ses conséquences sont différées et relèvent des maladies professionnelles. Source : Assurance Maladie – Risques professionnels, données 2024.

Situations fréquentes à recenser

Ce que dit la réglementation

Comment le coter dans le DUERP

Cotez la gravité selon le groupe de danger de l'agent et la gravité de l'infection possible : un agent du groupe 2 courant justifie une gravité 2 à 3, une exposition possible au VIH ou au virus de l'hépatite B une gravité 4. La probabilité dépend directement du geste et du matériel : la même prise de sang expose fortement avec une aiguille classique et faiblement avec du matériel sécurisé, ce qui rend ce risque particulièrement sensible aux mesures techniques. Tenez compte du statut vaccinal, qui réduit la gravité réelle sans supprimer l'exposition. Pensez enfin aux salariés non soignants — entretien, lingerie — que l'évaluation oublie souvent alors qu'ils manipulent déchets et linge.

Rappel : gravité (1 à 4) × probabilité (1 à 4) = score de 1 à 16. Au-delà de 9, l'action est attendue sous 90 jours.

Mesures de prévention conseillées

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Les erreurs les plus fréquentes

FAQ

Quels métiers sont concernés par le risque biologique ?

Bien plus que les seuls soignants : nettoyage, assainissement, gestion des déchets, petite enfance, aide à domicile, agriculture et élevage, activités vétérinaires, restauration, blanchisserie. Dès qu'il y a contact avec des personnes, des animaux, des déchets ou des eaux usées, l'évaluation est nécessaire.

Que faire immédiatement après une piqûre souillée ?

Ne pas faire saigner, laver abondamment à l'eau et au savon, puis réaliser une antisepsie avec un produit adapté en respectant le temps de contact. Consulter en urgence, idéalement dans les quatre heures, pour évaluer le besoin d'un traitement post-exposition, et déclarer l'accident du travail. Cette procédure doit être écrite et affichée avant qu'on en ait besoin.

L'employeur doit-il payer les vaccinations ?

Oui pour celles liées à l'exposition professionnelle : elles sont mises à disposition des travailleurs non immunisés et prises en charge par l'employeur. Le salarié reste libre de les refuser, ce qui peut avoir des conséquences sur son affectation à certains postes.

Les gants protègent-ils d'une piqûre ?

Non. Ils réduisent le volume de sang inoculé et protègent du contact cutané, mais n'empêchent pas la pénétration d'une aiguille. La prévention efficace passe par le matériel sécurisé et l'élimination immédiate dans un conteneur adapté.

Faut-il un document séparé pour le risque biologique ?

Non, il s'intègre au DUERP. En revanche, pour les agents des groupes 3 et 4, des obligations supplémentaires s'appliquent — liste des travailleurs exposés, information de l'inspection du travail — en complément du document unique.

Comment gérer le risque légionelles ?

Il concerne les installations produisant des aérosols d'eau tiède : tours aéroréfrigérantes, réseaux d'eau chaude sanitaire, bains à remous, brumisateurs. La prévention repose sur la maîtrise des températures, l'évitement des bras morts dans les réseaux, un entretien planifié et des analyses périodiques.

Les métiers les plus concernés

Ces activités déclarent ce risque parmi leurs risques principaux. Chaque fiche détaille les situations propres au métier.

Autres risques à évaluer

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