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TMS au travail : structurer la prévention dans le DUERP

Troubles musculo-squelettiques : facteurs de risque, cotation dans le DUERP et mesures de prévention réellement efficaces.

Ce risque doit être identifié et évalué dans votre Document Unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP), obligatoire pour toute entreprise dès le premier salarié.

Comment ce risque apparait en entreprise

Les troubles musculo-squelettiques sont, de très loin, la première cause de maladie professionnelle reconnue en France. Ils touchent le dos, les épaules, les coudes, les poignets et les genoux, et concernent tous les secteurs : du bâtiment à la caisse de supermarché, de l'aide à domicile au poste de bureau.

Leur particularité est de s'installer progressivement, par accumulation. Il n'y a pas d'accident identifiable, donc pas de moment où la prévention devient évidente : le salarié compense, adapte ses gestes, puis un jour la douleur devient invalidante. C'est précisément pourquoi l'évaluation a priori est le seul levier utile.

Le DUERP doit sortir de la formule générale « port de charges ». Quatre facteurs se combinent et chacun se traite différemment : les efforts et le port de charges, les postures contraignantes, la répétitivité des gestes, et les facteurs organisationnels qui aggravent tout le reste.

Ce que disent les chiffres

La manutention manuelle est de très loin la première cause d'accidents du travail : 50,3 % des causes identifiées en 2024, sur 548 523 accidents indemnisés et près de 54 millions de journées de travail perdues. Sa part dépasse 55 % dans la santé et l'action sociale et le commerce de gros. Les TMS constituent par ailleurs la grande majorité des maladies professionnelles reconnues. Source : Assurance Maladie – Risques professionnels, données 2024.

Situations fréquentes à recenser

Ce que dit la réglementation

Comment le coter dans le DUERP

Cotez la gravité sur la nature de l'atteinte possible, pas sur la douleur du jour : une lombalgie chronique ou une atteinte de l'épaule peuvent conduire à une inaptitude au poste, ce qui justifie une gravité 3, les TMS étant la première cause d'inaptitude. La probabilité se cote sur le cumul des facteurs présents : un seul facteur modéré reste en 2, mais la combinaison charge, répétitivité et cadence imposée monte à 4. C'est le principe de la polyexposition : trois facteurs modérés créent un risque élevé, alors qu'un DUERP qui les cote séparément conclut à tort que tout va bien.

Rappel : gravité (1 à 4) × probabilité (1 à 4) = score de 1 à 16. Au-delà de 9, l'action est attendue sous 90 jours.

Mesures de prévention conseillées

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Les erreurs les plus fréquentes

FAQ

Existe-t-il un poids maximal légal à porter ?

Le Code du travail fixe une limite absolue de 105 kg, à ne dépasser en aucun cas, et prévoit qu'au-delà de 55 kg le port n'est possible qu'avec un avis médical favorable. Ces valeurs sont des garde-fous extrêmes : les TMS apparaissent très en dessous, surtout en cas de répétition, de torsion ou de mauvaise prise.

La formation gestes et postures suffit-elle ?

Non. Elle est utile, mais la réglementation impose d'abord d'éviter la manutention manuelle, puis de la réduire par des aides mécaniques et l'aménagement des postes. Une formation seule fait porter la responsabilité de la prévention sur le salarié sans supprimer la contrainte.

Les TMS concernent-ils le travail de bureau ?

Oui, principalement aux membres supérieurs, aux cervicales et au dos. Un écran trop bas, une souris mal placée, un siège non réglé et huit heures assis créent des atteintes réelles. Le Code du travail traite d'ailleurs spécifiquement du travail sur écran.

Comment coter des facteurs qui semblent tous modérés ?

En raisonnant sur leur cumul. Un salarié qui porte des charges moyennes, avec des gestes répétitifs et une cadence imposée, présente un risque élevé même si aucun facteur pris isolément ne paraît critique. C'est l'erreur la plus fréquente sur les TMS.

Quand faut-il mettre à jour cette partie du DUERP ?

À chaque changement de matériel, de conditionnement, d'agencement ou de cadence, et dès qu'un salarié signale des douleurs récurrentes. Un signalement de plainte est une information nouvelle sur un risque, ce qui déclenche l'obligation de mise à jour.

Les TMS peuvent-ils entraîner une inaptitude ?

Oui, et c'est ce qui fait leur gravité économique : ils sont la première cause d'inaptitude au poste et de désinsertion professionnelle. Pour une TPE, l'inaptitude d'un salarié qualifié est souvent plus lourde à absorber que l'arrêt lui-même.

Les métiers les plus concernés

Ces activités déclarent ce risque parmi leurs risques principaux. Chaque fiche détaille les situations propres au métier.

Autres risques à évaluer

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