Guide risque professionnel · Document Unique

Risque chimique : intégrer les produits dangereux au DUERP

Inventaire des produits, fiches de données de sécurité, cotation de l'exposition et mesures de prévention à inscrire dans le DUERP.

Ce risque doit être identifié et évalué dans votre Document Unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP), obligatoire pour toute entreprise dès le premier salarié.

Comment ce risque apparait en entreprise

Le risque chimique ne concerne pas que l'industrie. Un salon de coiffure, un garage, une exploitation agricole, une entreprise de nettoyage ou une boulangerie y sont exposés quotidiennement, souvent sans le formaliser, parce que les produits en cause sont perçus comme banals : dégraissant, eau de Javel, colle, peinture, farine.

La particularité de ce risque est son effet différé. Une brûlure chimique est immédiate et visible, mais l'essentiel des atteintes — asthme professionnel, dermatoses, cancers professionnels — apparaît après des années d'exposition à faible dose. C'est ce qui rend l'évaluation indispensable : au moment où l'effet se manifeste, la prévention n'est plus possible.

Le point de départ est toujours le même : un inventaire écrit de tous les produits présents, avec leur fiche de données de sécurité (FDS) à jour. Sans cet inventaire, l'évaluation du risque chimique n'est pas défendable.

Ce que disent les chiffres

La particularité du risque chimique est son effet différé : c'est le seul risque du DUERP dont les conséquences les plus lourdes — cancers professionnels, asthme, dermatoses — se déclarent des années après l'exposition, ce qui explique la durée de conservation de 40 ans imposée au document. L'asthme du boulanger et les dermatoses de la coiffure figurent parmi les maladies professionnelles reconnues par tableau, et concernent des métiers où les produits sont perçus comme banals.

Situations fréquentes à recenser

Ce que dit la réglementation

Comment le coter dans le DUERP

Cotez la gravité d'après les mentions de danger de l'étiquette et de la FDS, pas d'après votre perception du produit : une mention H317 (sensibilisation cutanée) ou H351 (cancérogène suspecté) justifie une gravité 3 à 4, même si le produit est d'usage quotidien. La probabilité se cote sur la fréquence et la durée d'exposition réelle, en tenant compte de la voie de pénétration : l'inhalation d'un aérosol et un contact cutané ponctuel n'exposent pas de la même façon. Un agent CMR doit être coté en gravité maximale, quelle que soit la quantité en jeu.

Rappel : gravité (1 à 4) × probabilité (1 à 4) = score de 1 à 16. Au-delà de 9, l'action est attendue sous 90 jours.

Mesures de prévention conseillées

Sans carte bancaire · 10 minutes · score de risque et priorités inclus

Les erreurs les plus fréquentes

FAQ

Toutes les fiches de données de sécurité doivent-elles être disponibles ?

Oui. Le fournisseur doit vous les remettre gratuitement et vous devez les tenir accessibles aux salariés concernés ainsi qu'au service de prévention et de santé au travail. Une FDS ancienne doit être réclamée à jour auprès du fournisseur.

Le DUERP remplace-t-il l'évaluation chimique détaillée ?

Non. Le DUERP synthétise le risque chimique pour la prévention opérationnelle et le plan d'action. Pour les agents CMR ou une exposition complexe, une évaluation spécifique et un suivi des expositions restent nécessaires en complément.

Les produits d'entretien du commerce sont-ils concernés ?

Oui, dès qu'ils portent un pictogramme de danger. Un dégraissant de four ou un détartrant professionnel peuvent être fortement corrosifs : ils entrent dans l'inventaire au même titre qu'un produit industriel.

Faut-il former les nouveaux arrivants ?

Oui, c'est une obligation à part entière. La formation à la sécurité est dispensée à l'embauche et renouvelée à chaque nouveau produit ou changement de poste. Intérimaires et apprentis sont particulièrement exposés parce qu'ils ne connaissent pas les habitudes de la maison.

Qu'est-ce qu'un agent CMR et pourquoi change-t-il tout ?

Un agent cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction. Sa présence déclenche un régime renforcé : substitution obligatoire si elle est techniquement possible, travail en système clos à défaut, traçabilité des expositions et suivi individuel renforcé du salarié.

Puis-je transvaser un produit dans un contenant plus pratique ?

C'est à éviter absolument. Hors de son emballage d'origine, un produit perd son étiquetage réglementaire, et les accidents graves — notamment chez les apprentis — viennent souvent d'un produit dangereux dans une bouteille d'eau. Si un transvasement est indispensable, le nouveau contenant doit reprendre l'étiquetage complet.

Les métiers les plus concernés

Ces activités déclarent ce risque parmi leurs risques principaux. Chaque fiche détaille les situations propres au métier.

Autres risques à évaluer

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