Guide risque professionnel · Document Unique

Risque électrique au travail : obligations et actions

Habilitations, vérifications périodiques, situations à recenser et cotation du risque électrique dans le DUERP.

Ce risque doit être identifié et évalué dans votre Document Unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP), obligatoire pour toute entreprise dès le premier salarié.

Comment ce risque apparait en entreprise

Le risque électrique a une particularité qui le rend redoutable : il est invisible, et sa gravité ne dépend presque pas de la fréquence d'exposition. Un seul contact avec une pièce nue sous tension peut être mortel, alors que des années d'usage d'installations correctes ne produisent aucun incident.

Il concerne toutes les entreprises, pas seulement celles dont les salariés interviennent sur des installations. Une prise en mauvais état, une multiprise surchargée, un câble dénudé ou un tableau accessible sans protection créent le risque, quel que soit le métier.

Le DUERP doit distinguer deux situations que la réglementation traite différemment : l'usage normal d'équipements électriques par tous les salariés, et les interventions sur ou au voisinage d'installations, qui exigent une habilitation.

Ce que disent les chiffres

L'électricité n'apparaît pas dans les premières causes d'accidents du travail — elle est très loin derrière la manutention manuelle et les chutes. Sa dangerosité tient à la disproportion entre sa rareté et sa gravité : un seul contact peut être mortel, alors que des années d'usage d'installations correctes ne produisent aucun incident. C'est le risque type où une probabilité faible ne doit jamais faire baisser la cotation de gravité.

Situations fréquentes à recenser

Ce que dit la réglementation

Comment le coter dans le DUERP

La gravité du risque électrique est structurellement élevée : pour un contact possible avec une pièce nue en basse tension, comptez une gravité 3 à 4, et 4 en haute tension ou en présence d'un risque d'arc. C'est donc la probabilité qui différencie vos lignes de DUERP. Elle reste faible (1 à 2) sur une installation vérifiée, avec des armoires fermées et des salariés non habilités qui n'y touchent pas ; elle monte à 3 ou 4 dès qu'un salarié intervient sans habilitation, qu'un tableau reste ouvert ou que du matériel dégradé est encore en service. Une ligne cotée en gravité 4 doit apparaître au plan d'action même si sa probabilité est faible.

Rappel : gravité (1 à 4) × probabilité (1 à 4) = score de 1 à 16. Au-delà de 9, l'action est attendue sous 90 jours.

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Les erreurs les plus fréquentes

FAQ

Qui peut intervenir sur une installation électrique ?

Uniquement un salarié titulaire d'une habilitation électrique délivrée par l'employeur, adaptée à la nature des opérations. L'habilitation suppose une formation préalable et se renouvelle périodiquement ; ce n'est pas un diplôme mais une reconnaissance de capacité par l'employeur.

La vérification périodique est-elle obligatoire ?

Oui. Les installations doivent faire l'objet de vérifications périodiques, en pratique annuelles, par une personne ou un organisme compétent. Le rapport doit être conservé et, surtout, ses observations traitées : un rapport non suivi d'effet aggrave votre situation en cas d'accident.

Peut-on travailler sous tension ?

C'est interdit par principe. Le travail sous tension n'est admis que lorsque les conditions d'exploitation rendent la mise hors tension impossible, et il exige alors une habilitation spécifique, un mode opératoire écrit et des EPI adaptés.

Une multiprise est-elle un vrai risque ?

Oui, et c'est un motif fréquent de départ de feu. Les multiprises en cascade dépassent facilement l'intensité admissible du circuit ; la bonne réponse n'est pas d'en ajouter mais de faire installer des prises en nombre suffisant.

Que faire si un salarié est électrisé ?

Ne jamais toucher la victime avant d'avoir coupé l'alimentation ou de l'avoir dégagée avec un matériau isolant, sous peine de devenir la seconde victime. Puis alerter les secours et faire intervenir un sauveteur secouriste du travail. Cette conduite à tenir doit être affichée et connue.

Le risque électrique concerne-t-il un bureau ?

Oui. Prises surchargées, rallonges permanentes, chargeurs et câbles dégradés créent un risque d'électrisation et surtout d'incendie. Un DUERP de bureau qui ne cote pas le risque électrique est incomplet.

Les métiers les plus concernés

Ces activités déclarent ce risque parmi leurs risques principaux. Chaque fiche détaille les situations propres au métier.

Autres risques à évaluer

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